Transcript: La Charge du Rhino #11

Le choix de la semaine se porte sur la chronique de Duja intitulée « La Charge du Rhino », épisode 11.

Elle fait partie d’une émission axée sur le genre de musique dit « métal » au sens large, intitulée « Rhinoféroce » , qui passe dans un créneau horaire plutôt peu favorable à l’audience, soit le dimanche de 22h à 23h. L’équipe médias sociaux a vu l’intérêt, pour donner de la visibilité à l’émission, d’en filmer une partie, de faire un joli montage pro et de balancer la vidéo le lendemain après-midi sur la page Facebook de l’émission.

Texte transcrit ci-dessous en entier écrit par Patrick Dujany dit Duja pour la RTS, novembre 2016

Nous parvenons, chers amis, à une période qui va fortement nous inciter à acheter des trucs inutiles à des gens qu’on apprécie plus ou moins, et accessoirement, à aimer son prochain. Oui, c’est l’UDC, le parti l’amour, pour ne pas la nommer, qui nous enjoint, à l’approche de noël, à aimer son prochain, tout en arrêtant d’écouter du black métal sataniste.

Il est vrai que lorsque l’on cesse l’écoute intempestive de ce genre de musique, c’est indubitablement faire preuve d’empathie envers son prochain, de voisin, surtout si l’on écoute du Marduk à plein tubes vers les 3h du mat en égorgeant des jeunes vierges dans sa baignoire. Cependant, on oublie souvent que le métal constitue une preuve d’amour perpétuelle envers le genre humain. En effet, les concerts de métal permettent aux couples de ne point bafouer le principe de fidélité. Je m’explique: comme en général il n’y a que très peu de nanas durant ces représentations métallifères, qu’elles sont majoritairement aussi jolies que Lemmy était séduisant, – les nanas, pas les concerts -, vous voyez ou je veux en venir.

De même, le métal permet à la société de garantir une certaine tranquillité nocturne. La plupart du temps, mesdames et messieurs, comme ils commencent très tôt à boire durant l’après-midi, les métalleux sont trop bourrés pour se battre et rentrent à la maison quand les autres cliques se mettent à sortir.

Concernant l’agressivité chez les jeunes, il est prouvé que les concerts de métal servent de défouloir, empêchant ainsi une kyrielle d’individus de brûler des bébés dans les églises, de violer des animaux en stabulation libre dans la campagne, « grouik grouik », ou simplement de tabasser une vieille pour lui piquer son fric et s’acheter de l’après-shampooing. Car, vous n’êtes pas sans le savoir, le métalleux de base aime prendre soin de ses cheveux.

Nous n’oublierons pas non plus que les métalleux apportent une aide non négligeable aux divers cabinets médicaux, qu’il s’agisse d’oto-rhino-proctologues, de spécialistes de la cirrhose, ou d’autres cancers dus à une hygiène de vie particulièrement rock n’roll.

Enfin, dernière raison et pas la moindre de maintenir le métal subventionné: tous les jeunes qui vont aux concerts de black métal satanique deviendront forcément possédés et n’écouteront jamais plus de rap à coin dans la rue ou dans les transports publics… et rien que pour ça, le métal se veut d’utilité publique. Satan, je t’aime!

Il y a un an, éternelle rencontre d’un soir…

img_0164Je considère les rencontres comme tant de chemins ouvrant de nouveaux horizons. Ces personnes que je croise, souvent de manière fortuite, laissent leurs traces et ont des répercussions sur ma petite vie qui, sans elles, se bornerait aux routines et habitudes du quotidien voiture-boulot-dodo. Une vie grise et sans surprises sans rien qui dépasse. C’est ce constat qui m’a décidée, voilà un an, à aller de l’avant sans me soucier au final d’être seule ou accompagnée pour sortir de ces 4 murs bien sécurisants de l’apparement. Il fallait que je bouge et que je voie des gens, bien que pas spécialement à l’aise dans un environnement inconnu, c’était un défi que je me fixais. J’ai décidé, pour ce faire, d’aller assister à l’enregistrement hebdomadaire de 26 Minutes, l’émission satirique des 2 Vincents (Kucholl et Veillon), qui avait lieu à quelques arrêts de bus de mon domicile. Comme cela faisait des années que j’entendais leur matinale et qu’ils me faisaient rire aux larmes parfois dans ma voiture, l’idée me paraissait plutôt porteuse.

Après deux semaines consécutives au « No Name » pour relever ce nouveau défi, c’était le 16 octobre 2015, avant que l’enregistrement ne démarre. J’avais déjà quelques repères, ayant fait la connaissance de Pierre, le producteur délégué pour la chaîne RTS, causé un peu avec les barmaids, ainsi qu’avec l’employé du club dont le job était d’assister les techniciens télé sur site délocalisé. Mais ce soir là, alors que je buvais une bière avec une clope tranquille accoudée à une table haute devant l’entrée, Pierre est arrivé vers moi accompagné d’un mec dont la voix était plus connue que le visage, mais qui pour moi ne faisait aucun doute. Pierre, en aparté et partant du principe que je l’ignorais, me dit « C’est le mec des micros trottoirs » ce à quoi je répondis, un peu piquée « Mais je sais bien qui est Duja, qui ne le connaît pas? »

L’animateur radio qui commençait à avoir un visage public, depuis qu’il participait à 26 Minutes dans des séquences filmées, s’est mis à me parler du livre qu’il allait publier sous son nom d’état civil « Patrick Dujany ». D’ailleurs, si vous l’ignoriez, quand on lui demande comment il faut l’appeler, il dit qu’il n’y a que sa mère qui l’appelle « Patrick ». Ce sera « Duja » et puis voilà.

Armé de quelques exemplaires de son roman fraîchement sorti de l’imprimerie et publié aux éditions Hélice Hélas, il m’en a fait le pitch, la genèse, l’autocritique, ainsi que la critique qu’il anticipait de la part de ses amis journaleux qui l’attendaient au contour… Angoissé à mourir de comment son roman serait reçu, j’ai fait office de « répét générale » et j’ai trouvé ça plutôt sympa. Je suis sortie de là en sachant tout de son recueil de romans intitulé « Les Ecorcheresses ». Il m’en a dédicacé un exemplaire qui marque le jour où « Duja-le-mythe » est devenu « Patrick Dujany dit Duja », l’homme qui se pose beaucoup de questions avant de tendre le micro aux passants.

Cette rencontre d’un soir m’a emmenée par la suite à Bienne, notamment, pour l’une des nombreuses performances organisées dans le cadre des opérations de publicité liées au livre. Je parlerai de Bienne bientôt, d’autres rencontres, d’autres chemins, et d’autres portes.

Petit extrait de l’incipit ci-dessous pour célébrer les 1 an des Ecorcheresses de Patrick Dujanyimg_0166