Festivals et contenus médias sociaux, quelques réactions

Durant l’été 2016, alors que je n’étais pas encore en vacances, les festivals battaient leur plein partout autour de moi. Mon flux Facebook était inondé de contenu promotionnel concernant les différents festivals que l’algorithme pensait pertinent d’afficher pour moi. Des vidéos, des photos, des teasers annonçant des concerts « sauvages », bref, des choses sympas et d’autres moins.

Je vais prendre deux exemples, qui, à mon avis, sont totalement illustratifs des deux cas de figure.

Couleur3 a été très actif sur les réseaux sociaux et a fait un truc vraiment intéressant pendant Paléo: ils ont envoyé leur jeune animateur Fantin Moreno sur site avec une guitare faire le pitre à l’ouverture dans une série de 6 vidéos nommée « In The Asse » dont je mets ci-dessous le lien de celle que j’ai préférée.

J’ai trouvé drôle, respectueux, créatif, et ça donnait clairement envie de le croiser et de chanter un truc avec lui. Personnellement, j’avais envie de prendre ma guitare et de faire un duo pour le fun, si seulement j’avais eu des billets, mais ça, c’est une autre histoire.

Ce qui m’a plu, c’est l’improvisation culottée avec talent. Le jeune homme est un musicien confirmé, batteur et chanteur d’un groupe qui se nomme « Deep Kick », et talentueux chroniqueur dans diverses émissions de Couleur3 (notamment One Two). Il déambule un peu partout dans l’enceinte du festival guitare à la main en chantant un air d’une chanson d’un artiste programmé ce jour-là, mais en en modifiant les paroles en fonction de ce qu’il voit.  Ses rencontres sont des personnes qui sont surprises et qui sourient. Il les inclut en créant un lien avec eux et un véritable échange d’égal à égal; c’est en quelque sorte la magie de la musique avec une touche d’humour qui fait que ça marche.

Au contraire de ça, un type de contenu créé par l’équipe interne médias sociaux du Paléo dont j’ai mis un exemple en bas de l’article. Là, j’ai de la peine à saisir l’angle d’approche: est-ce que ça se veut drôle? Leur concept semble être de faire du comique en se moquant et en humiliant publiquement les festivaliers. Il y a un public pour ça, bien sûr, comme pour presque tout. Je trouverais sûrement des personnes qui viendraient voir une performance dans laquelle je ferais caca sur une table en chantant du Johnny si je fais bien ma promo et que je définis bien ma cible. Le blog du Paléo et son contenu multimédia n’est pas destiné à 9Gag, il me semble, dont la ligne éditoriale, s’il y en a une, est en gros de publier tout ce qui est susceptible de faire rire sa communauté, que ce soit raciste, homophobe, sexiste ou encore véganophobe pour ne citer que ce qui me frappe le plus. L’espace des commentaires du site 9Gag laisse la liberté totale aux insultes, humiliations et railleries sans modération ou presque. C’est typiquement, en ce qui me concerne, une plate-forme malsaine remplie de trolls qui ont besoin de se lâcher. N’y voyez pas ici une volonté de ma part de censurer ce site, mais ce que je veux dire, c’est que ce type d’humour aux dépends des gens tend à faire fuir les personnes soucieuses des questions d’égalité, pour ne citer qu’elles.

Pour en revenir au Paléoblog et la vidéo que j’ai mis en exemple comme étant pour moi un contenu dégradant qui nuit à l’image du festival, je poserais cette question: est-ce que le Paléo valide que leur contenu médias sociaux fasse passer leurs festivaliers pour des ploucs en les humiliant devant une caméra et ceci sans leur dire qu’ils seront montés en parallèle avec des séquences du film « le Dîner de Cons » (Francis Veber, 1998) dont le but est clairement d’identifier la personne interrogée au « con » du film joué par Jacques Villeret? (Cas du fan de Iron Maiden qui répond juste à toutes les questions dans la vidéo).

Il y a donc dans cet exemple une problème avec l’angle d’approche, mais également avec le regard sur ce qui est produit et mis en ligne. Là, clairement, un manque de recul par rapport à l’image véhiculée par ce type de production de mauvaise qualité tant sur le fond que sur la forme.

Dans cet exemple, les festivaliers interrogés (technique du « micro-trottoir ») se font tout simplement agresser. Ici par un « Bonjour Mademoiselle » à un homme aux cheveux longs filmé de dos qui se retourne, interloqué, et qui se voit dire en sus « Madame, pardon, j’avais pas vu la bague »; ou encore un comportement déplacé du « journaliste » qui plante son micro sur le nez d’un festivalier qui se repose, étendu dans l’herbe, faisant croire que c’est sa réponse qui l’intéresse alors que son seul but est de le ridiculiser.

En ce qui me concerne, j’avais plutôt envie d’aller leur mettre une claque et je sais que s’ils persistent l’année prochaine, je les éviterai comme la peste.

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